Avant, je dormais debout dans le couloir de l’entrĂ©e.
Il faisait froid, la porte claquait (surtout quand le voisin du dessus rentrait légèrement éméché) et le sol était glacial sous mes toutes petites roues.
J’Ă©tais dĂ©pliĂ©e dans l’entrĂ©e, contre le mur, entre un vĂ©lo vert Ă petites roulettes et un mini-tricycle bruyant rose.
Ils n’arrĂŞtaient pas de se disputer et de comparer leurs roues :
-Oui tu es plus grand, disait vĂ©lo rose Ă vĂ©lo vert, mais MOI j’ai une petite remorque.
- Certes ma chère, lui rĂ©torquait vĂ©lo vert, mais moi j’ai un gyrophare de police que le nain ADORE actionner.
- Pfiou, un gyrophare, mais comme c’est surfait…Moi j’ai un guidon qui peut se bloquer et une canne pour aller plus vite…
- Frimeuse!
- Tocard!
Pendant ce temps lĂ , je me taisais, espĂ©rant entendre ma maĂ®tresse descendre les escaliers…promesse d’une promenade.
Depuis hier, les choses ont changé.
En effet, la voisine est venue voir ma mère et lui a dit que ce n’Ă©tait plus possible de laisser, je cite, « tout le foutoir des gamins comme ça dans l’entrĂ©e ».
Ma mère, légèrement agacée, a remisé les vélos à la cave.
Elle m’a regardĂ© d’un air angoissĂ© et j’ai suppliĂ© du regard :
« Nooooon, pas la caaaaave ».
Bin oui, quoi, Ă la cave c’est bourrĂ©e de souris qui rogne les roues de poussette, tout le monde le sait.
Plus les araignées qui risque de tisser leur toile dans ma capote-soleil, faut pas déconner.
Elle m’a donc repliĂ©e tout en douceur.
Puis, j’ai empruntĂ© le chemin de l’appartement et elle m’a dĂ©posĂ© au salon.
Je me suis permis de me déplacer légèrement une fois tout le monde couché.
On est quand mĂŞme bien plus confort dans un lit.

En plus, il a même oublié son joujou...




















